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Un islam en France, pas un islam de France





Le président de la République a demandé au CFCM d’élaborer d’ici quinze jours une charte des valeurs républicaines, précisant que l’islam en France est une religion et pas un mouvement politique.


L’islam en France (et non pas l’islam DE France, ce qui n’a pas de sens !) devrait trouver sa place de façon paisible, et ses relations avec les deux autres religions monothéistes devraient l'être tout autant. Ce qui n'est pas le cas, pas plus dans l'histoire qu'aujourd'hui. Des Croisades à El Andalus (période à propos de laquelle ceux qui racontent qu’elle était merveilleuse devraient relire des livres d’histoire sérieux sur le sujet), nous avons assisté à une succession de conquêtes se traduisant par des conversions forcées, dans un sens et dans l’autre, d’abord dans un seul sens puisque l’objectif de la conquête arabe, dès le VIIe siècle, était de convertir ceux qu’ils accusaient d’avoir dévoyé les messages des deux prophètes précédant Mahomet, Moïse et Jésus. Dans l’autre sens ensuite, avec les Croisades, puis l’expulsion des Maures d’Espagne qui refusaient de se convertir au catholicisme.

Une autre étape marquante est bien évidemment la colonisation de l’Algérie par la France à partir de 1830. La christianisation des « populations indigènes » était l’un des objectifs des promoteurs de cette conquête. Cela n’a logiquement jamais fonctionné : dès 1870, des rébellions musulmanes ont vu le jour, certes contre les colons, mais aussi contre leur religion. L’un des événements les plus symboliques a été le massacre de colons dans le village de Marguerite, en 1901. Ceux qui ont refusé de prononcer la chahada (« Il n’y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète »), la profession de foi musulmane qui, dès lors qu’elle est prononcée vous « transforme » en musulman, ont été égorgés. Ce n’était pas qu’une révolte contre des terres volées, c’était une lutte menée au nom de la religion. Plus tard, la plupart des mouvements de libération, au moment des indépendances, se sont largement appuyées sur l’islam pour l’emporter.

En 1979, la prise du pouvoir par Khomeiny en Iran va quasiment réussir à réunir chiites et sunnites, en tout cas elle va donner des perspectives aux musulmans fondamentalistes de toutes obédiences, et celles-ci vont se manifester quelques années plus tard. J’y reviendrai.

En 1984, l’usine Talbot de Poissy (à 20 km de Neauphle-le-Château où nous avons complaisamment hébergé Khomeiny) connaît la plus longue grève de son histoire. A cette époque, les nombreux ouvriers immigrés qui y travaillent sont engagés dans la lutte sociale aux côtés de leurs collègues français. Cette lutte est unitaire, sans distinction de "race" ni de religion. Tous les tracts des principales organisations syndicales sont écrits au recto en français, au verso en arabe. Seule la CSL (Confédération des syndicats libres), née de l’extrême droite et des milieux collaborationnistes, se fait entendre avec des slogans tels que « Les Arabes à la Seine ! » Le fond de racisme habituel en France, qu’il faut sans cesse combattre…

L’affiche publiée à la même époque par le Front national va dans le même sens : « Un million de chômeurs c’est un million d’immigrés de trop ». Nous sommes donc encore dans ce que l’on pourrait appeler le « racisme ordinaire », celui qui vise les populations venues essentiellement d’Afrique du Nord, mais aussi d’Afrique subsaharienne. C’est en 1987 que la « race » est remplacée par la religion, avec la publication (toujours par le FN) d’une affiche reprenant, en le détournant, un slogan du hezbollah : « Dans vingt ans, c’est sûr, la France sera une république islamique ». Détourné ou non, et sans tomber dans la caricature du grand remplacement, ce slogan reste intéressant !

1987, c’est aussi l’année où Droit de Réponse, l’émission de Polac est supprimée, sous prétexte que Wiaz a fait un dessin « Maison Bouygues, maison de M… » Je travaillais à l’époque à DDR et nous préparions une émission sur les ventes d’armes. L’Arabie Saoudite est alors sous embargo. Nous avions récupéré des certificats de complaisance, c’est-à-dire non remplis mais signés de la main de Charles Hernu, alors ministre de la Défense. Surtout nous avions l’accord d’un intermédiaire libanais de venir témoigner en direct sur le plateau pour expliquer comment l’embargo était détourné : les armes françaises (de mémoire, il s’agissait essentiellement d’hélicoptères) étaient envoyées le plus régulièrement du monde au Brésil qui, lui, n’étant pas contraint par l’embargo, transférait à Ryad. A cette époque, Bouygues, qui vient de racheter TF1, a de gros chantiers de travaux publics en Arabie. Ce qui se murmurait alors c’est que l’Arabie (mise au courant de la préparation de cette émission qui s’annonçais sulfureuse et cela avait forcément fuité) aurait mis un marché entre les mains de Bouygues : soit l’émission est diffusée et on annule nos contrats ; soit elle ne passe pas, et alors on continue comme avant. A ma connaissance, personne n’a jamais enquêté sur cette version. Autre question que je me pose sur ce même sujet : Mitterrand n’a-t-il pas accepté l’implantation de l’IESH sur sa propre circonscription comme gage de la crédibilité de Bouygues et de la France ? Il faudrait vérifier à quelle date la cession du domaine a été légalement faite…

1989 est une année clé : celle de la fatwa contre Salman Rushdie et le premier incident au collège de Creil avec les deux jeunes filles, non pas renvoyées du collège, mais interdites d’entrée avec leur voile. On retrouvera ces deux collégiennes l’année suivante à l’IESH (Institut européen des sciences humaines), à Saint-Léger-de-Fougeret, près de Château-Chinon, qui vient d’ouvrir ses portes. J’ai à l’époque écrit, sur la foi de documents sûrs et après m’être rendu sur place, un article dans Le Parisien affirmant que cet institut était financé par les Frères musulmans. Le directeur, face à moi, a démenti. Pourtant, l’article n’a fait l’objet d’aucun droit de réponse et encore moins de plainte. Cet institut est censé, selon un récent reportage de France info, former des imams français. Or, dans son livre Passion arabe, Gilles Kepel raconte un débat auquel il participe sur Aljzeera au Caire en avril 2011 : « J’y retrouve Kamel Helbawi, un vieux monsieur rondouillard et jovial. Ancien porte-parole mondial des Frères musulmans, basé à Londres, il me succédera dans cette soirée d’interviews en continu. Son séjour britannique l’a amené à prendre ses distances avec l’appareil des Frères, trop autoritaire. Il m’invite chez lui, à la campagne, « pour boire du lait de buffonne » dans son village natal. Il me présente aussi son fils, qui a étudié en France – mais à l’Institut de formation pour imams de l’UOIF – l’Union des organisations islamiques de France, créée en 1983 -, à Château-Chinon, et ne parle pas un mot de français. » L’ancien maire d’Autun, qui était régulièrement invité à des manifestations à l’IESH, a toujours répondu qu’il irait dès qu’il serait en possession d’un audit sur la comptabilité de l’Institut et sur sa compatibilité avec les valeurs républicaines. Il n’a jamais obtenu de réponse.



La situation aujourd’hui


Il est évident que si l’islam avait été présent en France au moment de l’élaboration de la loi de 1905, il n’y aurait plus aujourd’hui aucun débat ! Les deux autres religions monothéistes, après des revendications et même des rebellions qui ont perduré pendant plusieurs années, ont fini par se plier aux règles édictées par cette loi. C’est pendant la Première Guerre mondiale que l’on a pris conscience de l’importance de l’islam à travers les dizaines de milliers de morts musulmans, souvent enrôlés dans cette guerre contre leur gré. Alors a resurgi un vieux projet datant de la fin du XIXe siècle, celui de construire une mosquée (la première) en France, en hommage à tous ces soldats tués. Dérogeant à la loi de 1905, une subvention de 500.000 francs est attribuée par le gouvernement pour la construction de la grande mosquée de Paris, qui sera inaugurée en 1926.


Ces quelques remarques auraient très bien pu s’adresser à toutes les religions monothéistes. Auraient pu, car seule l’une d’entre elles, touchant un nombre très important de fidèles, continue à leur être souvent enseignée sans aucun recul, sans aucune contextualisation, et surtout en faisant abstraction de cette fameuse loi de 1905. Et en plus avec des jeunes évoluant dans un milieu familial qui n’a pas toujours bien compris ce qu’était la laïcité. Alors que le christianisme et le judaïsme ont su prendre des tournants en fonction des époques (positions bien sûr non acceptées par une minorité d’adeptes, comme pour l’avortement ou l’homosexualité par exemple), l’islam en général, et encore de manière plus marquée chez les frères musulmans et autres wahabites, continue à être transmis à travers le Coran pris au pied de la lettre. Ici, je n’évoquerai même pas les hadiths qui, eux aussi, sont des considération (au moins pour certains d’entre eux) acceptées avec le même enthousiasme.

J’ai commencé à prendre conscience du problème lors d’une discussion au Maroc avec un imam salafiste. J’évoquais avec lui le fait que le Coran, même pour un non-croyant, était un livre rempli de symboles forts. « Lequel, par exemple ? » m’a-t-il demandé. Je lui ai cité le voyage du prophète sur un cheval ailé entre Médine et Jérusalem qui, selon moi, était le signe de son omniprésence. « Mais ce n’est pas un symbole, m’a-t-il répondu. C’est vrai ! La foi, c’est tu prends tout ou tu ne prends rien ! »

Alors que je considère que le fondement même de la religion c’est le doute, je me suis posé la question de savoir comment des gamins, dès l’âge de 4 ans et jusqu’au baccalauréat, recevant un enseignement de trois heures hebdomadaires de « sciences islamiques » dispensées par de tels « professeurs », pouvaient développer un esprit critique. C’est ce qui se passe au Maroc.

Et cette question s’est naturellement posée à moi de savoir comment ça pouvait se passer en France, en dehors de l’école républicaine, du déchirement que devait être celui de ces jeunes à qui l’on disait blanc à la maison et noir à l’école. En tenant compte que ce genre d’imams "obscurantistes", "rigoristes", existent bien sûr aussi en France, et en considérant toujours l’ambiance quotidienne dans les familles qui n’ont pas encore franchi le pas consistant à réellement faire passer les lois de la République avant celles de la religion. Et je m’interrogeais sur la proportion de ces familles. Lorsque j’ai vu circuler quelques sondages, et surtout quand j’ai assisté aux réactions d’une immense majorité des musulmans de France à la suite des attentats contre Charlie… La plupart condamnait (« ce n’est pas cela l’islam », « celui qui tue un homme, c’est comme s’il tuait toute l’humanité »), mais toujours (ou presque) avec la phrase suivante : « Mais Charlie n’aurait pas dû faire ça » ou même « Ils l’ont bien cherché ». Et lors de la marche du 11 janvier 2015, nous n’avons quasiment pas vu de musulmans défiler. Phénomène identique lors de tous les attentats qui, depuis, ont touché notre pays. La décapitation de Samuel Paty en est malheureusement une triste illustration. "C’est horrible, mais…" Mais quoi ? C’est l’objet de cette réflexion qui, je l’espère, contribuera à faire cesser tous ces débats interminables et stériles autour de l’islam considéré uniquement comme religion. Parce que l’islam, comme le souligne Macron, est avant tout un système global qui apporte des solutions politiques, économiques, sociales à ses fidèles. Il leur donne une vision de la société, sauf que cette vision est mauvaise, pour la raison évidente qu’elle est celle de la société du VIIe siècle, pas du XXIe. Il s’agissait alors de préconisations faites à des bédouins. Aujourd’hui, quatorze siècles plus tard, c’est aux musulmans eux-mêmes, s’ils souhaitent vivre tranquillement leur religion, de mettre en accord ce qui peut l’être dans le Coran avec les valeurs d’une République laïque. L’État, lui, doit exercer une vigilance sans relâche sur tous les aspects contraires à ces valeurs prioritaires sur toute autre considération.

Je ne suis pas théologien - et l’État ne doit surtout pas se situer sur ce terrain-là -, mais j’ai souhaité lire le Coran, de manière primaire et littérale, sans explication, et mettre le doigt sur chaque verset qui, s’il n’est pas contextualisé clairement, peut poser problème. L’immense majorité d’entre eux, même lus de façon primaire, ne posent aucun problème. Mais il en existe qui sont totalement incompatibles avec nos lois républicaines, et plus globalement avec une société moderne. C’est sur internet ou dans les librairies spécialisées que les nouveaux convertis prennent connaissance de ce Coran non expliqué. Ces explications, c’est évidemment aux imams et aux savants de l’islam de les apporter. Je ne doute absolument pas que beaucoup le font. Mais je ne doute pas plus que d’autres jouent sur cette version prise au pied de la lettre, sans aucune mise en perspective.


J’ai fait une liste la plus exhaustive possible de ces versets qui, s’ils ne sont pas expliqués, posent problème. Mais avant, je souhaitais soulever un autre aspect : celui de la chahada, la profession de foi qui, dès lors qu’elle est prononcée, fait de vous un musulman : « Il n’y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète ». Ce qui indique que l’islam est la seule « vraie » religion monothéiste. Les croyants pour lesquels les prophètes s’appellent Moïse ou Jésus ont dévoyé le message de Dieu, qui a décidé de leur envoyer ce troisième et dernier messager qui efface tout ce qui a existé avant. Alors que juifs et chrétiens, eux, reconnaissent l’islam. Et à ce titre, n’importe quel musulman peut entrer dans une église ou une synagogue. Contrairement au non-musulman qui, lui, n’a pas accès à la mosquée… Là aussi, une ouverture pourrait être envisagée… Il ne devrait plus y avoir cette "supériorité" d'une croyance sur les autres.

Plusieurs versets précisent par ailleurs que le Coran a été envoyé en arabe. Ce qui pose inévitablement la question de savoir si cette religion s’adresse ou non à un public non arabophone. Puisqu’il semble acquis que ce soit le cas, qu’il est universel, se pose alors une autre question : celle des traductions. J’ai fait l’expérience avec un ami arabe et francophone. Il n’a pas été utile d’aller chercher très loin : dans la première sourate, une traduction française (celle de Kasimirski) indique que l’on peut s’attirer la colère de Dieu. Une autre traduction (venant d’Égypte), en revanche, évoque une punition de Dieu. Ce qui, avouons-le, n’est pas tout à fait la même chose. Après plusieurs heures de discussion, mon ami n’a pas réussi à traduire ce verset avec une précision absolue, sauf qu’il a indéniablement opté dès le départ pour « la colère » et non « la punition », mais qu’en plus derrière cette notion de colère, on pouvait aussi interpréter que celle-ci pouvait avoir un côté bienveillant, protecteur.


Les versets qui posent question


Sourate 2 Verset 154 : « Et ne dites pas que ceux qui sont tués dans le sentier d’Allah qu’ils sont morts. Au contraire, ils sont vivants, mais vous en êtes inconscients. » Il paraît évident qu’une précision essentielle doit être apportée : un musulman qui tue, par exemple, un dessinateur qui a produit une caricature qui ne lui plaît pas et qui considère donc qu’il est ainsi dans le sentier d’Allah, ne peut pas, s’il est abattu ou s’il se fait exploser, ne doit pas être concerné par ce verset. Pas plus que s’il s’attaque à n’importe quel individu qui critique cette religion. Le terme d’islamophobie a été dévoyée par des associations communautaristes, qui ne souhaitent pas que les musulmans se fondent dans la société française, mais puisque les mots ont un sens, l’islamophobie n’est que la peur de l’islam, pas un rejet, encore moins un combat mené contre cette religion. C’est à tous les musulmans de démontrer à leurs concitoyens qu’ils pratiquent une religion de paix, qu’ils sont en désaccord total avec tout assassinat commis au nom de l’islam, qu’il n’y ait pas de « Cette mort est horrible, mais il n’aurait pas dû… » En fait c’est ce « mais » qui doit définitivement disparaître !


S2 V190. « Combattez dans le sentier d'Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Allah n'aime pas les transgresseurs ! » Si ce combat est idéologique, s’il est source de débat, c’est enrichissant. Si c’est un combat par les armes, c’est inadmissible.


S2 V191. « Et tuez-les, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d'où ils vous ont chassés : l'association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu'ils ne vous y aient combattus. S'ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. » Là encore, l’application de cette « loi » dans une République où l’on a le droit de se moquer de toute religion, ces deux versets posent question. Que signifie « avant qu’ils ne vous aient combattus » ? Est-ce d’un point de vue physique, idéologique ? Est-ce que faire une caricature est un combat contre les musulmans ? Autant de questions qui ne se poseraient pas s’il n’y avait pas eu tous ces attentats…


S2 V223. « Vos épouses sont pour vous un champ de labour ; allez à votre champ comme [et quand] vous le voulez et œuvrez pour vous-mêmes à l'avance. Craignez Allah et sachez que vous le rencontrerez. Et fais gracieuses annonces aux croyants ! » Là encore, il existe des lois républicaines qui ne peuvent s’accommoder de ce verset pris au sens premier du terme. La femme n’est pas un objet ou une bête dont l’homme dispose à sa guise. Il est d’ailleurs intéressant, sur cette question, de constater le silence des féministes qui, au moins pour une partie d’entre elles, préfèrent ignorer ce verset au bénéfice de leur combat intersectionnel.


S4 V3 « Et si vous craignez de n'être pas justes envers les orphelins... Il est permis d'épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n'être pas justes avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves que vous possédez. Cela afin de ne pas faire d'injustice (ou afin de ne pas aggraver votre charge de famille). » Quelles que soient les explications apportées dans ce verset, la polygamie, pour quelque raison que ce soit, est illégale en France. Là non plus, nous n’entendons pas beaucoup les féministes engagées dans cette intersectionnalité.


S4 V11 « Voici ce qu'Allah vous enjoint au sujet de vos enfants : au fils, une part équivalente à celle de deux filles. S'il n'y a que des filles, même plus de deux, à elles alors deux tiers de ce que le défunt laisse. Et s'il n'y en a qu'une, à elle alors la moitié. Quant aux père et mère du défunt, à chacun d'eux le sixième de ce qu'il laisse, s'il a un enfant. S'il n'a pas d'enfant et que ses père et mère héritent de lui, à sa mère alors le tiers. Mais s'il a des frères, à la mère alors le sixième, après exécution du testament qu'il aurait fait ou paiement d'une dette. De vos ascendants ou descendants, vous ne savez pas qui est plus près de vous en utilité. Ceci est un ordre obligatoire de la part d'Allah, car Allah est, certes, Omniscient et Sage. » La loi sur l’héritage, en France, ne fait aucune distinction entre un homme et une femme, elle n’est pas négociable. Ce verset demande au minimum d’être mis en perspective.


S4 V15 « Celles de vos femmes qui forniquent, faites témoigner à leur encontre quatre d'entre vous. S'ils témoignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu'à ce que la mort les rappelle ou qu'Allah décrète un autre ordre à leur égard. » Pour résoudre ces difficultés conjugales, les tribunaux des affaires familiales sont spécialisés dans les divorces.


S4 34 « Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand ! » Là encore, l’inégalité homme-femme n’est pas tolérable, et surtout l’invitation à frapper son épouse, acte qui est punissable d’une peine de prison. Et la femme, en France, s’est suffisamment battue pour obtenir des droits, comme celui, essentiel, d’être indépendante.


S4 89 « Ils aimeraient vous voir mécréants, comme ils ont mécru : alors vous seriez tous égaux ! Ne prenez donc pas d'alliés parmi eux, jusqu'à ce qu'ils émigrent dans le sentier d'Allah. Mais s'ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez ; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur. » La laïcité n’est pas synonyme de mécréance, c’est au contraire la liberté laissée à chacun des citoyens français de croire ou de ne pas croire, et s’ils croient, de suivre leur religion en toute sécurité. Menacer de tuer est inimaginable.


S5 14 « Et de ceux qui disent : "Nous sommes chrétiens", Nous avons pris leur engagement. Mais ils ont oublié une partie de ce qui leur a été rappelé. Nous avons donc suscité entre eux l'inimitié et la haine jusqu'au Jour de la Résurrection. Et Allah les informera de ce qu'ils faisaient. » Verset tout aussi incompatible avec une coexistence pacifique entre toutes les religions.


S5 V66 « S'ils avaient appliqué la Thora et l'Évangile et ce qui est descendu sur eux de la part de leur Seigneur, ils auraient certainement joui de ce qui est au-dessus d'eux et de ce qui est sous leurs pieds. Il y a parmi eux un groupe qui agit avec droiture ; mais pour beaucoup d'entre eux, comme est mauvais ce qu'ils font ! » Même intolérance et même esprit de supériorité à l’égard des autres religions.


S6 V81 « Certes, vous assouvissez vos désirs charnels avec les hommes au lieu des femmes ! Vous êtes bien un peuple outrancier. » Le mariage homosexuel est désormais autorisé en France et, en tant que citoyen, le musulman français, comme tout autre citoyen, doit se plier à cette loi.


S9 30. « Les Juifs disent : "Uzayr est fils d'Allah" et les Chrétiens disent : "Le Christ est fils d'Allah".

Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux.

Qu'Allah les anéantisse ! Comment s'écartent-ils (de la vérité) ? »

S9 V31. « Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors d'Allah, alors qu'on ne leur a commandé que d'adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui ! Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu'ils [Lui] associent. »

Ces deux versets sont incompatibles avec une coexistence pacifique avec d’autres religions. C’est insultant pour la foi des chrétiens et des juifs.


S24 V31. « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu'elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu'elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l'on sache ce qu'elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, Ô croyants, afin que vous récoltiez le succès. »

Nulle mention de foulard, et encore moins de hijab ! Ce qui rejoint ce que le roi du Maroc, Hassan II, avait dit dans une émission de télévision française en 1989 au moment de l’affaire de Creil : « Je ne comprends pas tout ce débat autour du voile chez vous. Ici, au Maroc, de nombreuses femmes ne portent pas le voile, et ce ne sont pourtant pas de mauvaises musulmanes. » Bref, une femme qui ne sort pas nue n’a rien à se reprocher.



Quelques pistes


Pour prouver que les musulmans peuvent exercer leur culte en toute liberté, dès lors que celle-ci n’empiète pas sur la liberté civile, je citerai l’exemple du muezzin et de l’appel à la prière. Dans tout pays musulman, cet appel se fait du haut de la mosquée, la plupart du temps (maintenant) à travers des haut-parleurs mal réglés alors que certains muezzin avaient des voix envoûtantes. En France, cet appel est interdit. Dans l’absolu, c’est une entorse à la religion. Pourtant l’immense majorité des musulmans de France s’en accommodent…


Ce n’est pas à l’État de se mêler de la façon dont l’islam se doit d’être compatible avec la République, mais c’est à lui d’encourager, voire de susciter des initiatives chez les musulmans pour qu’ils mènent à bien cette mission. Je ne suis pas certain de l’efficacité du CFCM, tiraillé entre les « communautés », turques, algériennes et marocaines notamment. Attendons cependant de voir ce qu'il ressortira des propositions qui seront faites début décembre...

En revanche, on pourrait imaginer que le ministère de l’Intérieur, responsable des publications diffusées sur le territoire national, contraignent les éditeurs à intégrer un appareil critique dans les versions françaises du Coran, c’est-à-dire avec des notes explicatives précisant que tel ou tel verset avait sans aucun doute une valeur en Arabie au VIIe siècle, mais qu’il est totalement incompatible avec les lois qui régissent la France en 2020.



Au Maroc, chaque vendredi le prêche est envoyé dans toutes les mosquées du Royaume par le ministère des Habous et des Affaires islamiques. Si un imam rajoute ou retire un mot de ce texte, il risque d’être tout bonnement renvoyé de son poste. Parce que des agents du renseignement sont là, dans chaque mosquée, pour vérifier. Pourquoi ne pas imaginer que le prêche, en France, soit adressé par l’organisme qui aura réussi à fédérer les musulmans de France ? Il serait indispensable que des policiers arabophones et turcophones soient formés pour suivre ce qui se passe dans les mosquées et ailleurs. C’était le cas dans les années 80-90 : Bernard Godard, un inspecteur des RG devenu plus tard conseiller du ministre pour l’islam, n’ignorait pas grand-chose de ce qui se disait et se faisait dans les mosquées d’Ile-de-France.


L’islam est aussi le moyen pour des descendants de peuples colonisés par la France de se forger une identité commune. C’est le signe évident que la question de la colonisation n’a jamais été réglée. Et qu'elle ne peut pas l'être à travers ce prisme. Il me semble essentiel que cette période de l’histoire soit beaucoup plus développée tout au long du parcours scolaire. Une autre mesure – symbolique – pourrait consister à ériger partout où c’est possible des monuments aux morts sur lesquels seraient inscrits les noms des soldats d’Afrique morts pour la France au cours des deux guerres mondiales.


Tout comme doit être enseigné de façon beaucoup plus précise ce qu’a été l’esclavage, sans rien occulter, et surtout pas l’aspect qui a conduit le monde arabe d’abord, puis arabo-musulman, à devenir le plus gros pourvoyeur d’esclaves noirs. Bien avant les Européens qui, eux, ont « industrialisé » le phénomène. A la lueur de cet enseignement, les manifestations regroupant en France des Noirs et des Arabes sous des slogans dénonçant l’esclavage (avec pour unique finalité le communautarisme) auraient un côté surréaliste qu’elles ont déjà aujourd’hui pour ceux qui connaissent un peu l’histoire.




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