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Les Misérables m’ont (un peu) ennuyé



Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que ce n’est pas un mauvais film. Mais il n’est pas à la hauteur de ce que beaucoup me promettaient, notamment le président de la République qui semblait avoir découvert la banlieue à travers ces images. Et c’est bien là où se situe le problème : pour être surpris par ce film, il faut totalement méconnaître la banlieue. Dès lors que l’on connaît, ne serait-ce qu’un peu, l’intérêt du film chute.

Et si on finit par s’ennuyer, c'est parce que le scénario traîne un peu en longueur. Pourtant, le réalisateur, Ladj Ly a plutôt bien filmé (les images de drones sont excellentes), il met en scène de très bons acteurs, particulièrement Damien Bonnard (Pento) – une vraie révélation ! -, Steve Tientcheu (Le Maire) et Al-Hassan Ly (Buzz). Mais le scénario manque cruellement de substance : l’élément déclencheur est le vol, par un gamin de la cité, d’un lionceau dans un cirque tenu par des gitans, ce qui va conduire à une enquête pour le retrouver. Enquête plutôt violente qui va être filmée par un drone piloté par Buzz. Les flics vont repérer l’engin et ils vont s’évertuer à récupérer l’enregistrement pour éviter qu’il ne soit publié sur les réseaux sociaux.

Au-delà de cette histoire, qui tient la route mais qui est tout de même un peu légère, ce film a souvent été « vendu » comme une clé d’entrée dans le monde des cités. S’il a fallu à certains attendre de le voir pour connaître cette réalité-là, celle qui est montrée dans le film, alors effectivement c’’est grave ! Après tout, peut-être est-ce l’intérêt majeur de ce film : faire le constat que nos zélites sont tellement en dessous de tout qu’elles ignorent même ce qui se passe à 25 kilomètres de leurs bureaux parisiens…. Mais dans ce cas, elles ont encore beaucoup à apprendre de ce « monde lointain », parce que je trouve qu’il y a une grande absente dans le film de Ladj Ly : c’est la drogue et les profits qu’elle génère. Sans doute n’était-ce pas le sujet que le réalisateur souhaitait traiter, mais j’ai envie de comparer son film à celui de Nabil Ayouch, Much Loved, sur la prostitution à Marrakech. Ce dernier a réussi « à faire le tour » du problème, alors que Ladj Ly, lui, n’y est pas totalement parvenu.

#lesmisérables #montfermeil #cités #banlieue

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