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Le peuple existe et le prouve



Le phénomène est sans doute exacerbé avec ce gouvernement et ce parlement, mais les difficultés auxquelles nous sommes confrontés proviennent essentiellement du fait que nos représentants, quelle que soit leur sensibilité politique, sont totalement hors sol. Soit qu’ils aient oublié leurs origines, soit qu’ils appartiennent à des classes sociales sur lesquelles aucune des crises de l’histoire récente n’a d’effets. Dans tous les cas, ils ne subissent pas les ravages occasionnés chez une bonne partie des Français. Et, au bout du compte, même s’ils ont été élus démocratiquement (au moins pour ce qui concerne l’Assemblée…), ils ne sont plus nos représentants, au sens où ils ne peuvent plus être l’écho de nos difficultés du quotidien, il n’y a plus de résonnance entre nos aspirations (je ne parle même pas de revendications !) et leur volonté de transformer la société. Parce que celle-ci leur convient très bien et qu’ils n’ont surtout aucune volonté de la transformer ! Le « souvenir de classe » n’existe même plus, alors qu’il était encore assez prégnant au début des années 1980, même si les parlementaires, déjà, n’étaient plus vraiment représentatifs de la société. Leur ascension sociale était récente et elle avait été progressive, il y avait donc une mémoire de leur propre passé, ne serait-ce que de leur action syndicale : des députés et des ministres avaient été actifs à la CFDT (Bérégovoy), à la CGT (Joxe, Billardon) et ailleurs… Quel député, quel ministre, en 2019, a été membre d’un syndicat ? Que savent-ils d’une lutte sociale, hormis ce qu’ils ont pu voir à travers de vieux documents télévisés ? Le « ni droite, ni gauche » et le « en même temps » de Macron en sont l’illustration parfaite. Le froid, le chaud, tout cela n’existe plus, tout est tiède. Jusqu’à ce que la mémoire du peuple (il existe encore, même s’ils pensaient qu’il avait disparu) se réveille : d’abord les gilets jaunes (qui sont un concentré de ce manque de considération pour la vie quotidienne, actuelle, des gens), puis la vive hostilité à la réforme des retraites. Là, ce sont ceux qui, bon an mal an, avaient fini par tomber dans une forme de léthargie, ceux qui – après tout – s’en sortaient tout de même à peu près malgré les crises, mais qui se rendent bien compte que, après leur période d’activité, ils ne s’en sortiront plus du tout ! Finalement, cette série de crises qui durent depuis plus d’un an, auxquelles on peut ajouter la crise environnementale, est le signe d’une conscience populaire qu’ils étaient nombreux à avoir voulu enterrer à jamais. Qui peut y répondre ? Un régime de droite autoritaire ou une gauche qui aurait retrouvé ses valeurs. Aujourd’hui, on est à la recherche de l’une et de l’autre. Personnellement, je suis en quête de la seconde…

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