Rechercher

Le pays de deux autres



Deux jours après avoir terminé la lecture du dernier roman de Leïla Slimani, Le Pays des autres, Arte diffusait le film d’Abdellatif Kechiche, La Graine et le mulet. Le hasard fait bien les choses : en regardant le film, j’ai compris ce qui me gênait dans le livre.

D’un côté, une caméra d’une justesse inouïe : des gros plans sur des gens qui mangent, des dialogues du « vrai » quotidien et, bien sûr, ce parallèle entre la course effrénée du père pour récupérer sa mobylette et la sublime danse du ventre de sa belle-fille. De l’autre côté, une plume qui tente de mettre en place des protagonistes qui sonnent faux, avec ce fellah marocain engagé dans l’armée française pendant la Seconde Guerre mondiale et qui épouse une Alsacienne pur jus, avant de revenir au bled.

Chez Kechiche, on ne se pose pas de questions, les acteurs sont nos voisins, nos cousins, ils vivent une vie crédible, celle de ces milliers de Maghrébins installés en France. Chez Slimani, on s’interroge à chaque ligne, on s’intéresse à l’histoire, mais on bute sur les personnages. Un peu comme si le réalisateur avait déguisé Slimane et Rym en bourgeois…

14 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout