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La plume et la plaie



Je suis malheureusement de très loin le procès des attentats de 2015 à Paris. Je ne sais pas vraiment à quoi il va servir, sinon à permettre aux victimes, à leurs familles et à leurs proches d’être entendus au cœur d’un des piliers de notre démocratie et de notre République, la salle où l’on rend la justice.

Et puis il y a cette voix qui s’est élevée, celle de Fabrice Nicolino, l’un des rescapés de Charlie, une balle de kalachnikov dans chacune de ses deux jambes et une troisième dans le ventre, tirée par des nazislamistes. Nicolino a été un compagnon de route, c’est un homme épris de liberté et un ardent défenseur de l’écologie. J’ai travaillé avec lui à Politis, je l’ai accompagné quand il a mis au jour les saloperies contenues dans la décharge de Montchanin, et quand il est revenu à plusieurs reprises dénoncer les coupes à ras des forêts de feuillus dans le Morvan.

Il a crié sa colère à la barre du tribunal contre les salauds comme Virginie Despentes qui, après ce qu’elle a écrit suite aux attentats de 2015, aurait, à une époque, connu le même sort que Brasillach. Contre le donneur de leçons Plenel aussi, celui qui, sous prétexte de la défense des musulmans, a préféré s’allier à Tariq Ramadan plutôt qu’à Maxime Rodinson, Jean-Pierre Péroncel-Hugoz ou Gilles Kepel. Il fait partie de tous ces islamo-gauchistes qui ont fait le lit des musulmans qui se sont radicalisés puis, pour certains d’entre eux, qui sont passés à la terreur. Il ne les a pas créés, il les a juste traités complaisamment au lieu de les combattre à tout prix.

J’ai une anecdote personnelle à propos de Nicolino et de Plenel. Au moment où, avec un ami commissaire, j’ai écrit Les Réseaux secrets de la police, un livre dont la thèse était grosso modo qu’aucune nomination dans la police à haut niveau, à l’époque de Mitterrand, n’échappait au tandem Pasqua-Pandraud, Nicolino a aimé ce livre, il est venu nous interviewer et a publié un long entretien dans Politis. Plenel disait avoir aimé le bouquin, il avait envoyé le spécialiste de la police au Monde pour nous interviewer aussi. Le reporter avait également aimé le livre. Il avait fait un long article. Qui n’a jamais été publié parce que l’un des chapitres n’était pas très élogieux pour la FASP, le principal syndicat policier à l’époque. Et Plenel, en plus d’être l’un des responsables du quotidien du soir, était, de façon moins transparente et moins glorieuse, le principal rédacteur du bulletin de la FASP… C'est l'une des facettes peu glorieuses de ce personnage.

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