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La Fin de l'homme rouge



Une rencontre avec un livre est un peu de même même nature que celle avec une personne. Elle peut être organisée, planifiée, ou au contraire totalement fortuite. Celle que j’ai faite avec La Fin de l’homme rouge de Svetlana Alexievitch s’est produite par hasard, au rayon des livres d’occasion d’Emmaüs. J’ignorais tout du livre et de son auteur…

Il s’agit d’un recueil de témoignages à la fois sur la période soviétique et sur les changements profonds intervenus à partir de 1991 avec le retour à l’autonomie des républiques qui composaient l’URSS. 540 pages de "simples" témoignages pourraient paraître un peu indigestes, d’autant qu’il n’y a pas de commentaires de l’auteure-narratrice. On imagine un ouvrage de journaliste ou de documentariste qui s’effacerait derrière les propos de ses interlocuteurs rapportés tels qu’ils ont été émis. Mais le génie de Svetlana Alexievitch, c’est d’avoir (enfin, je l’imagine) retravaillé ces paroles sans les trahir. Et au bout du compte, on est confronté à un véritable chef d’œuvre de la littérature ! Pour rappel, cette femme a été prix Nobel de la discipline en 2015 !

Ce n’est évidemment pas un livre que l’on peut résumer, il faut le lire. Il permet de comprendre le désarroi de nombreux Russes regrettant la période soviétique, effarés par cette plongée dans un capitalisme qui a recréé une forme de nomenklatura dont ils sont tout autant exclus et qui est tout aussi injuste et souvent aussi violente que celle de Staline. On y découvre de très nombreuses pépites, histoires drôles qui se racontent dans ces contrées (souvent dans les cuisines) ou traits d’esprit de la part des interlocuteurs rencontrés. Une seule pour donner une idée : « Un communiste, c’est quelqu’un qui a lu Marx ; un anti-communiste, c’est celui qui l’a compris. »

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