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La boulangerie et l'hôpital



Je viens d'adresser un courrier au directeur de l'Agence Régionale de Santé Bourgogne Franche-Comté suite à mon expérience avec l'un de ses établissements. Le voici :


Monsieur le Directeur,

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance des faits auxquels j’ai été directement confrontés au centre hospitalier d’Autun. Victime d’un AVC, j’ai en effet été transporté par les sapeurs-pompiers aux urgences autunoises le 11 août dernier. Ayant déjà « fait » un AVC il y a quinze ans, je n’avais aucun doute sur la nature de ce qui m’arrivait ce 11 août. Passé à l’IRM peu après mon arrivée, les médecins m’ayant pris en charge à Autun sont entrés en téléconsultation avec des neurologues de l’hôpital de Chalon auxquels ils ont transmis les images. Et heureusement ! Alors que le rapport établi par les « lecteurs » de l’IRM à Autun concluait en effet qu’il n’y avait aucune trace visible d’AVC, les neurologues de Chalon ont décelé sur ces mêmes images la présence d’un caillot… Ce qui les a conduit à demander en urgence mon transfert par hélicoptère au CHU de Dijon pour subir une thrombectomie. Je me demande ce qui se serait passé si, au moment où je faisais mon AVC, les médecins chalonnais avaient été débordés et dans l’incapacité d’épauler leurs collègues autunois…

Je ne vous aurais cependant pas envoyé ce courrier si je n’avais pas recueilli un certain nombre de témoignages concernant d’autres erreurs d’interprétation des images IRM. Je tiens à préciser que je ne suis pas allé chercher ces témoignages, ils me sont arrivés au moment où je racontais, à des amis ou des proches, mon expérience. Ici une fracture non détectée, là une hernie discale passée inaperçue, ou encore ce médecin qui m’explique prescrire des IRM à Autun mais les faire interpréter ailleurs…

Je ne vous aurais pas non plus adressé ce courrier si je n’avais pas été témoin d’un autre fait (que j’hésite encore à qualifier de dysfonctionnement) : le neurologue chalonnais qui m’a suivi avait prescrit un holter. Que je suis allé faire au centre hospitalier d’Autun. Posé le 20 août pendant quatre jours (la prescription indiquait 5 jours, mais les piles de l’appareil ne duraient que 4 jours…), je l’ai déposé le 24 et j’ai reçu le compte-rendu le 28 : un document imprimé recto-verso, paginé 3 et 4, indiquant un rapport pour le deuxième jour en page 3 et pour le troisième jour en page 4 (rien pour les jours 1 et 4 !) ; et aussi une mention indiquant la date de pose le 8 août (soit trois jours avant mon AVC…) Je me suis légitimement inquiété de savoir s’il s’agissait bien du compte-rendu me concernant, j’ai donc déposé en personne un bref courrier demandant cette précision à l’accueil de l’hôpital et au nom du médecin ayant signé le compte-rendu. Courrier à ce jour resté sans réponse.

Je ne souhaite faire aucun amalgame, je suis prêt à accepter que cette conjonction d’événements a été un mauvais sort qui m’était spécialement destiné, mais je perçois aujourd’hui la différence qu’il y a à se battre pour le maintien d’une boulangerie dans un village même si le boulanger est un peu maladroit et s’il utilise une farine de moindre qualité, et se battre pour le maintien « à tout prix » d’un hôpital dont on peut craindre qu’il n’attire pas les praticiens les plus compétents. Si les patients que nous sommes avons la certitude qu’il existe une synergie entre les trois niveaux hospitaliers (proximité-départemental-régional), ce maintien est très utile. Dans l’hypothèse contraire, il ne nous reste plus qu’à prier pour que ce genre d’accident survienne dans des créneaux horaires favorables.

Je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, en l’assurance de ma haute considération.

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