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L'attentat d'Erdogan



La décision d’Ercep Erdogan de transformer Sainte-Sophie en mosquée, rompant ainsi avec le geste symbolique d’Attaturk d’en faire un musée en 1934, « pour la donner à l’humanité » avait-il expliqué, est à rapprocher de la tentative de meurtre commis par Ali Agça contre Jean-Paul II en 1981. Ces deux événements ont en effet de nombreux points communs : le fondamentalisme musulman, la Turquie et, dans les deux cas, on n’entend que peu de voix s’élever contre cet islamisme intégriste (et politique !).

Agça avait assuré à l’époque que la visite du Pape en Turquie deux ans plus tôt était une provocation, son pays ne comptant qu’une infime proportion de chrétiens. Sans doute y en aurait-il eu un peu plus si les Arméniens n’avaient pas été victimes d’un génocide… C’était oublier aussi qu’Istambul est le siège du patriarcat œcuménique, le plus ancien de l’église chrétienne orthodoxe avec lequel le Vatican entretient des rapports interchrétiens. Qui n’ont en aucun cas la perspective d’en découdre avec l’islam. Pas plus en 1981 qu’en 2020. Et qui donc, lui aussi, aurait pu souhaiter que Sainte-Sophie redevienne la basilique chrétienne qu’elle a été de 532 (date de sa construction à l’emplacement d’une église chrétienne datant de 360…) à 1453. Souhait qu’il n’a évidemment jamais formulé.

Force est de constater que nous nous retrouvons une fois de plus totalement muets face à de tels agissements. Que nous n’avons retiré aucun enseignement de l’histoire. Que, je ne sais sous quel prétexte, lorsque des musulmans (je ne parle pas de terroristes !) commettent des actes n’allant pas dans le sens de la paix du monde, nous nous contentons de dire : « Pas de vagues ».

Essayons d'imaginer un seul instant les réactions (légitimes!) à une transformation de la Grande Mosquée de Paris en église catholique...

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