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Comment sortir du complotisme?



On ignore quel est, dans la population, le pourcentage précis de complotistes. Si l’on ne considère que les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu, on a le sentiment qu’ils constituent des légions entières, mais ce n’est pas un baromètre infaillible ! Pour autant, ceux que l’on voit, lit ou entend, même s’ils ne sont pas si nombreux, diffusent largement leurs « idées » dans la société, composée de gens parfois crédules. Ces derniers – pour des raisons multiples, qu’il ne serait peut-être pas inutile de recenser – sont ouverts à un discours qui dénote, mais ils n’ont pas d’intérêt particulier ni direct à défendre de telles « thèses ». Contrairement à ceux qui les émettent.

Si l’on se penche sur les plus connus, tous ont un intérêt (souvent financier) à produire leur discours. Côté politique, des gens comme Martine Wonner, des élus de LFI ou du RN, estiment qu’il est électoralement payant de s’aventurer sur ce terrain. Côté « scientifique », un type comme Perronne a beaucoup à se faire pardonner sur ses élucubrations à propos de la maladie de Lyme : au lieu de reconnaître ses bévues, il adopte la stratégie de la fuite en avant et en rajoute. Et il finit par écrire un « livre » qui se vend à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. Puis un deuxième. A ma connaissance, il n’a pas reversé ses droits d’auteur à une association… Côté médias, le plus visible est Richard Boutry, qui se présente comme journaliste et qui sillonne les routes de France sous le pseudonyme de Ricardo, faisant une halte dans tous les meetings complotistes qu’il croise sur son chemin. Lui aussi retire un profit des vidéos ubuesques qu’il diffuse. Parmi les personnes interviewées par le gourou, le susnommé Perronne, et l’inénarrable Francis Lalanne, qui a pour projet d’enregistrer un nouveau disque : plus il y a de complotistes écoutant ses propos surréalistes, plus il peut espérer de ventes. Sans oublier celles de son livre, Le journal de Joseph, qui connaît un assez beau succès de librairie. Côté justice, un avocat fait ses choux gras de cette pandémie : Fabrice di Vizio. Lui-même y fait référence sur les réseaux sociaux, en se plaignant que ses clients (qu’il est allé chercher, me semble-t-il, en contradiction – au moins morale – avec les règles du barreau) ne comprennent pas qu’ils doivent le payer ! Enfin, dernier exemple qui touche, de près ou de loin, la nébuleuse des collapsologues : l’association Kokopelli, qui devrait se contenter de ne produire que des graines.

Tout ça me fait penser à une secte. Le seul moyen d’en sortir – c’est en tout cas l’expérience rapportée par les anciens adeptes de sectes « classiques », comme la Scientologie – est, qu’à un moment donné, le doute commence à s’instiller dans les esprits. Dès lors, la raison recommence à fonctionner normalement. Je sais, ce n’est pas gagné, ça peut prendre du temps…


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