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A la chasse au Dahu

Après avoir regardé l’excellent documentaire de Patricia Tourancheau sur Guy Georges, j’ai eu envie (au moins le temps de reprendre mon souffle) de m’éloigner un peu de cette société capable de produire un tel monstre. Et donc, direction Bibracte pour une petite randonnée.

J’ai connu le Mont-Beuvray il y a plus de cinquante ans, à l’époque où il n’y avait rien ou presque. Aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est devenu un supermarché de l’archéologie gauloise. Et en plus construit sur un immense rond-point où il est sans cesse besoin d’indiquer la bonne direction au pèlerin.


Mais le sommet n’a pas changé. Après une montée pénible (c’est l’inverse de la drogue, ici : c’est la descente qui est plutôt agréable…), il y a toujours cette vue magnifique qui, certains jours, permet de voir le Mont-Blanc et la chaîne des Alpes.


C’est là, dit-on, que Vercingétorix a réussi à réunir toutes les tribus gauloises, mais où Arnaud Montebourg, 2000 ans plus tard, n’a pas pu rassembler tous les courants du PS.

On affirme aussi que Jules César aurait écrit une partie de La Guerre des Gaules à Bibracte. Un livre dans lequel, semble-t-il, il y a pas mal de conneries. Celle-ci, par exemple, sans doute racontée à César par un paysan indigène et que l’empereur de Rome a cru sans ciller. Il décrit en effet un étrange animal qu’il appelle l’élan de la forêt hercynienne : doté d’un côté de deux pattes plus courtes que de l’autre, il avance à flanc de colline et, pour le chasser, il suffit de taper sur des gamelles ; l’animal prend peur, se retourne brusquement et dévale la pente où le chasseur peut le cueillir. Donc, César a cru au dahu…

Dans la descente, je remarque – mais comment pourrait-il en être autrement ? – une coupe à blanc. La montagne ainsi scalpée ferait rougir d’envie n’importe quel guerrier sioux du Dakota !


Arrivé au lieu-dit La Bise à l’Âne, je n’ai pas trouvé l’animal et je n’ai pas pu lui faire la bise. Je me suis dit que je devais être au bout. Mais non ! Plus loin, il y a Le Poirier au Chien. Plus de poirier… Mais ça doit être le bout du bout… Pas du tout ! Parce qu’après il y a le Rebout! !


Et c’est là que je me suis dit que les coups de couteau dans la forêt étaient tout de même moins graves que ceux de Guy Georges dans le corps de ses victimes. La forêt, elle, va s’en remettre.

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